LES CITES PROVISOIRES
Ils avaient traversé la guerre,
l’enfer, la misère Vu leur ville mise en ruine par
la folie meurtrière Perdu femme, hommes, parents
sœurs et frères Ne restait plus rien que amas de
fer et de pierres
Et dans leur pays qui n’était plus que poussière Au retour de leur exil après tant de galère De larmes, de cri de douleurs et de colère Les habitations provisoires les abritèrent.
Pascal-Branly BERNARD. Mai 2007.
Il fallait c’est vrai, même les jours de pluie
Parfois aussi quand il faisait nuit
Ou l’hiver quand le froid s’était installé
Qu'il fouettait les visages de ses fortes gelées,
S’enfiler un bon tricot sur le dos
Quitter la maison où il faisait chaud
Et aller chercher l’eau à la pompe
C’était ainsi pour beaucoup de monde.
Mais c’était là aussi quand il faisait
beau
Que chacun avec son seau ou son broc
A la main s’invitait à s’attarder
Et prenait le temps de bavarder
Du travail et autre, de l’évolution des
jardins
En passant des nouvelles des anciens,
des voisins
Sans oublier l’enfant de la famille
Untel
Qui avait été souffrant l’autre semaine.
Oui je me souviens, souvent j’y pense
Elle faisait partie de mon enfance
La pompe avec son gros bouton de laiton
Que j’allaistourner quand j’étais garçon ;
C’était vous savez il n’y a pas des
éternités
C’était comme ça on était habitués
C’était comme cela dans tout le quartier
C'était pareil pour tous les gens de la
cité.
Pascal Branly Bernard. Eté 2002.
Pompe de la rue Paul Bert, juste avant la démolition.
NOS PETITS COMMERCES
DE QUARTIERS.
Ils ont disparus nos petits commerces de
quartiers
Où
nous achetions nos produits laitiers
Ainsi
que la viande toute fraiche du charcutier, Ces
petites boutiques auxquelles nous étions si habituées ;
Tous
ces petits commerces qui restaient fidèles En
servant et soignant leur clientèle Et
qui ne manquait pas de prendre des nouvelles De la famille d’un tel ou d’une telle.
Ils
n’hésitaient pas à vous solder Et
même parfois à vous donner Une
denrée encore fraiche mais dont ils avaient jugé Qu’à
l’étalage elle avait assez séjourné, Ils
ne voulaient pas prendre le risque Et
vendre et bazarder à tout prix, Ils
préféraient faire plaisir à leurs clients Et
la leur offrait tout naturellement.
Jadis en attendant son tour on faisait la causette Dans une ambiance bon enfant, de fête On prenait son temps et le commerçant Répétait même plusieurs fois : « A qui le tour maintenant ? » On prêtait à peine attention, Trop pris dans la conversation De savoir qui était arrivé avant l’autre C’est votre tour ! Non c’est le votre !
Pascal Branly BERNARD Outreau 1998
CHEZ MOI, CITE O.N.C.O.R.
Dans ce lieu où nous n’avions
pas tout le confort
Et je ne sais pas pourquoi
aujourd’hui encore
Je garde une partie de
nostalgie de ce temps d’alors.
Nous avions notre traditionnel
petit cabanon
Il fallait bien stocker
quelque part le charbon
On ne parlait pas de
chauffage central un convecteur
Chauffait suffisamment toute la demeure.
La bouilloire était toujours au coin du feu
L’eau chaude à la portée de
la main et ce
Pour faire la vaisselle, sa toilette ou du café
souvent
Quand passaient dire bonjour
amis ou parents.
L’hiver sur la plaque
brûlante du fourneau
Je profitais d’y faire cuire
quelques marrons
J’y posais des pelures d’oranges ou de
mandarines
Qui en grillant parfumaient toute la cuisine
Puis quand on avait bien
entamé le printemps
On éteignait le foyer et le
nettoyait minutieusement
La plaque du dessus était
briqué et brillait
Par la finition d’un produit
qu’on étalait.
Le linge était lavé dans la
petite machine Calor
L’eau bouillait dans une lessiveuse alors
Posée sur un trépied, la
lessive était une corvée
Qui vous prenait une bonne
partie de la journée.
Chacun avait sa tâche à
accomplir, son petit boulot
Cela faisait parti de notre
vie, de notre éducation
Et c’était spontanément et
naturellement
Que les enfants aidaient
leurs parents.
Il n’y avait ni douches ni baignoires nous nous lavions
Comme les anciens dans une
bassine ou un lavabo
Nous allions aux bains
douches deux fois par semaine
On était strictes et sévères
avec l’hygiène
Avec du courage un peu de goût et de la volonté
Nous avions un intérieur accueillant
et coquet
Nul besoin d’avoir de grosses
finances
Tapisserie et peinture ne représentaient pas une grosse dépense.
Je suis née et j’ai grandi
dans la cité ONCOR
Dans ce lieu où nous n’avions
pas tout le confort
Et je ne sais pas pourquoi
aujourd’hui encore
Je garde une partie de
nostalgie de ce temps d’alors.
Pascal-Branly BERNARD
Ecrit en Juin 2007-06-26
Sur un
récit de mon épouse Sylvie VASSEUR.
Je dédie aussi ce texte à José CAPEZ, qui a habité également une autre cité, la cité BELLEVUE, en hommage au formidable travail qu’il accomplit , chaque semaine il nous surprend par de nouvelles pages toutes aussi attrayantes et riches d’histoires et de photos superbes…Merci José.
Et à tout ceux qui ont habité la cité O.N.C.O.R



